15 ans d’engagement : parcours croisés entre exil et accès aux soins

24 avril 2026

Depuis 15 ans, Mehad s’engage aux côtés des populations touchées par les conflits. Derrière cet engagement, il y a des histoires, des parcours.

Celui de Nawar est marqué par l’exil et la reconstruction.
Celui de Mohammad raconte, lui, ce que signifie continuer à vivre et à se soigner dans un pays en guerre.

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« J’ai quitté la Syrie en septembre 2012, sans imaginer que ce serait le début d’un long exil. »

Après plusieurs arrestations liées à son engagement dans les manifestations, et après avoir subi des actes de torture, dont une blessure par balle, Nawar comprend que rester met sa vie en danger.

Après sa dernière arrestation, il décide de quitter le pays, pensant d’abord que ce serait temporaire. Mais très vite, le retour devient impossible.

Avant de s’installer en France, il vit près de six ans entre le Liban, l’Égypte, la Turquie et l’Allemagne ,des étapes successives, toujours provisoires.

Comme pour beaucoup de personnes réfugiées, son parcours est marqué par l’incertitude, même s’il se considère « parmi les chanceux ». Il n’a pas eu à risquer sa vie en traversant la mer et a pu obtenir l’asile via l’ambassade de France en Turquie.

« Il y a ce sentiment de culpabilité du survivant… se demander pourquoi moi, quand tant d’autres n’ont pas eu cette chance. »

Aujourd’hui, Nawar vit à Lyon avec sa compagne. Sa sœur y est également installée, tandis que ses parents sont restés en Syrie.

Recommencer ailleurs n’a pas été simple. Malgré leur expérience, ils ont dû repartir de zéro.

Nawar connaissait déjà Mehad à travers ses actions en Syrie. Lorsqu’il rejoint l’organisation en 2023, cela s’impose comme une évidence.

« C’était une manière de rejoindre une organisation dont je partage les valeurs, et dont j’avais déjà vu l’impact sur le terrain. »

Aujourd’hui, son parcours nourrit son engagement. Ayant lui-même traversé le conflit, il comprend plus finement les réalités des populations accompagnées.

Chez Mehad, il retrouve un équilibre et la possibilité de s’investir pour une cause qui a du sens.

Né en Syrie dans un contexte de guerre et de conflits armés, Mohammad est atteint de thalassémie, une maladie génétique du sang, diagnostiquée alors qu’il n’avait que six mois.

Sa survie dépend de transfusions sanguines régulières.

Depuis trois ans, il est suivi au centre de traitement de la thalassémie soutenu par Mehad à Raqqa. Il y reçoit non seulement les soins médicaux indispensables, mais aussi un accompagnement psychosocial essentiel pour lui et sa famille.

Dans un contexte où le système de santé est fragilisé, cet accès aux soins est vital.

En 2023, près de 8 450 transfusions ont été réalisées pour 515 patients dans ce centre.

Le parcours de Nawar et celui de Mohammad sont différents. Mais tous deux témoignent d’une même réalité : celle de vies bouleversées par la guerre et de la nécessité d’un accès à des soins essentiels.

Depuis 15 ans, Mehad agit pour répondre à ces besoins, en accompagnant celles et ceux qui soignent, et celles et ceux qui en ont besoin.

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