Un an après la chute du régime Assad : le système de santé syrien au bord de l’effondrement

9 décembre 2025

Un an après la chute du régime de Bachar al-Assad, le système de santé syrien reste en crise. Infrastructures non fonctionnelles ou mal équipées, pénurie de médicaments, accès aux soins limité… les besoins humanitaires demeurent immenses, tandis que l’aide internationale reste insuffisante. L’ONG Mehad tire la sonnette d’alarme et appelle à un soutien urgent pour éviter l’effondrement global du système de santé.

À l’approche du 8 décembre, premier anniversaire de la chute du régime, Mehad, ONG médicale fondée par des médecins de la diaspora syrienne dès le début de la guerre en 2011, fait le point sur une situation alarmante. Selon le ministère de la Santé syrien, 30 % des hôpitaux du pays sont hors service ou partiellement opérationnels. De nombreux centres encore en activité manquent d’équipements essentiels : appareils d’anesthésie, moniteurs, équipements de radiologie… Les pénuries de médicaments sont critiques, notamment pour les traitements contre le cancer — 80 % des patients n’y ont plus accès — mais aussi pour les maladies chroniques et les thérapies immunitaires.

« Le ministère travaille depuis début 2025 à la reconstruction et à l’équipement des hôpitaux, ainsi qu’à l’amélioration de la couverture sanitaire », explique Osamah AlHoussin, directeur adjoint au Centre des opérations d’urgence de santé publique syrien. « Malgré nos efforts et le soutien de nos partenaires, l’ampleur des besoins reste colossale. »

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Des besoins humanitaires massifs, une réponse internationale insuffisante

Selon l’OMS, 7,4 millions de Syriens ont déjà vu leur accès aux soins et aux traitements diminuer ces derniers mois. « La situation sur place est catastrophique », déplore Ziad Alissa, président co-fondateur de Mehad et anesthésiste-réanimateur. « Les Syriens qui retournent dans leurs villes ou villages retrouvent souvent des hôpitaux en ruines, avec un personnel et des équipements insuffisants et des coupures d’électricité fréquentes. »

Malgré l’ampleur des besoins, la réponse des bailleurs internationaux reste très limitée : seuls 20 % du financement nécessaire au secteur de la santé, estimé à 565 millions de dollars pour 2025, a été reçu. « Les besoins resteront énormes pendant plusieurs années », alerte Mego Terzian, directeur général de Mehad. « La baisse du financement, aggravée par l’arrêt brutal des aides d’USAID, se fait ressentir depuis plusieurs années déjà. »

Depuis début 2025, Mehad a dû fermer trois centres de dialyse dans le nord-est du pays, les seuls encore opérationnels pour la région, ainsi que quatre centres mères-enfants et cinq centres de soins primaires faute de financement. « Notre budget pour la Syrie est passé de 13 millions d’euros en 2023 à à peine 5 millions pour 2025 », précise Mego Terzian. « Sans soutien massif et immédiat, le système de santé syrien risque un effondrement total. »

Face aux défis, Mehad continue de se mobiliser.L’ONG poursuit son action en Syrie, aux côtés des équipes locales et des populations, pour garantir l’accès aux soins et renforcer durablement les services de santé. Votre soutien permet à Mehad de poursuivre sa mission.

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