Mehad vient de débuter la deuxième phase de son intervention à l’hôpital de Lawdar, dans le gouvernorat d’Abyan, au Yémen. Un soutien pour 12 mois supplémentaires est prévu, tandis que l’ONG vise à développer son action sur la côte Ouest du pays en parallèle.

L’hôpital de Lawdar, unique structure de soins secondaires pour plus de 135 000 habitants, fait face à une pression croissante, alimentée par les déplacements internes et l’arrêt des activités de nombreux centres de santé voisins. Dans un contexte d’instabilité persistante et de réduction drastique des financements internationaux, la continuité de son fonctionnement est vitale.
Depuis juillet 2024, Mehad a apporté un soutien déterminant à l’hôpital, à travers le versement d’incitations financières au personnel et la mise en place de formations ciblées, avec le soutien du Centre de Crise et de Soutien du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères français. Ces mesures ont permis de stabiliser le fonctionnement des services, malgré un contexte sécuritaire et économique très tendu et le départ d’autres acteurs humanitaires.
Plus de 75 000 patients déjà pris en charge
Au cours de cette première phase, 75 001 patients ont été pris en charge, dont 52 % de femmes et 19 % d’enfants de moins de cinq ans. Les témoignages recueillis en juin 2025 lors d’une mission d’évaluation ont confirmé l’impact positif de ce soutien : le personnel, mieux formé, a pu assurer des gestes salvateurs, y compris dans des situations d’urgence critique.
Pour les douze prochains mois, Mehad prévoit d’amplifier son action. 81 440 patients devraient bénéficier des activités de cette phase 2, menée elle aussi avec le soutien du CDCS. L’appui s’articulera autour de trois axes :
- Maintenir le personnel qualifié grâce à la poursuite du paiement d’incitations mensuelles, essentielles pour garantir leur présence et éviter un exode vers d’autres structures.
- Renforcer les compétences du personnel de soin par des sessions de formation continue et le développement de nouveaux modules adaptés aux besoins identifiés : gestion des urgences, organisation du service des urgences, prévention et contrôle des infections, ou encore préparation aux afflux massifs de blessés.
- Accroître la visibilité de l’hôpital auprès des autorités locales et des partenaires internationaux, afin de mobiliser de nouveaux appuis logistiques et financiers pour cette région largement délaissée par les bailleurs.

Flamblées épidémiques et contexte sécuritaire très instable
Le contexte humanitaire au Yémen reste l’un des plus complexes au monde. Plus de 19,5 millions de personnes ont besoin d’assistance en 2025, dont 17,8 millions privées d’accès aux soins de base. Seule la moitié des structures de santé fonctionnent encore, tandis que les flambées épidémiques – choléra, dengue, paludisme – continuent de menacer des communautés déjà fragilisées.
Abyan, en particulier, illustre cette fragilité : plus de 65 000 habitants de Lawdar nécessitent une aide humanitaire, alors même que l’hôpital géré par Mehad demeure leur unique recours. Dans ce paysage marqué par l’insécurité, le retrait d’ONG et la chute du financement international (seulement 9 % du plan de réponse humanitaire financé à mi-2025), Mehad a fait le choix de rester. Ce positionnement repose sur un partenariat solide avec l’hôpital, reconnu par les autorités locales et les communautés comme indispensable à la survie de la population.
Objectif : assurer un soutien durable à la population
Au-delà de l’appui financier et technique, Mehad inscrit cette nouvelle phase dans une stratégie de durabilité. En consolidant les compétences du personnel et en renforçant les systèmes de gestion et de collecte de données médicales, l’ONG prépare le terrain pour une amélioration structurelle de la qualité des soins. Elle s’engage également à plaider pour une mobilisation accrue d’acteurs internationaux dans cette zone négligée.
« Notre soutien à Lawdar est plus qu’un projet humanitaire : c’est un engagement à préserver un accès vital aux soins pour des dizaines de milliers de personnes qui n’ont nulle part ailleurs où aller », souligne Pierre Catoire, médecin humanitaire et responsable du lancement de cette deuxième phase d’intervention au Yémen.
Une deuxième phase qui vise également, si les moyens de l’ONG et les partenariats engagés le permettent, de développer l’action de Mehad dans d’autres zones du pays où les besoins, là aussi, sont considérables, notamment sur la côte Ouest, où les centres de santé ont été durement touchés ces derniers mois par le retrait de nombreuses ONG du fait de l’arrêt du financement d’USAid.
Alors que l’avenir du Yémen reste incertain, la poursuite de ce projet illustre la volonté de Mehad de maintenir, coûte que coûte, un espace de résilience et d’humanité au cœur d’un pays meurtri.
Votre soutien, pour maintenir et amplifier l’action de Mehad au Yémen, est crucial :

