Au Yémen, les tensions et les violences restent élevées à Aden et dans plusieurs provinces du sud. Les affrontements opposent actuellement les troupes pro-gouvernementales aux séparatistes du Conseil de transition du Sud (STC). Mardi soir, le leader du STC a pris la fuite, renforçant un climat d’incertitude et de peur au sein de la population.
Les équipes de Mehad suivent de très près l’évolution de la situation. À ce stade, ces violences n’ont pas d’impact direct sur nos activités humanitaires à Lawdar, dans la province d’Abyan, mais les déplacements sont devenus trop risqués, entravant fortement l’accès aux soins pour les populations civiles. Sans compter qu’une escalade du conflit pourrait rapidement affecter de manière plus directe les civils, déjà extrêmement vulnérables, et entraver davantage l’accès aux soins de santé.
Des déplacements devenus trop dangereux
Face à cette dégradation sécuritaire, Mehad a été contrainte d’adapter ses opérations. Les déplacements entre Aden et Abyan, essentiels au bon fonctionnement de nos activités, sont aujourd’hui trop risqués.
« Nos équipes travaillent de chez elles. Il n’y a aucun mouvement possible, alors qu’auparavant nous empruntions la route Aden–Abyan chaque mois pour apporter notre soutien et passer une à deux semaines sur place », explique Ghazali Babiker, chef de mission de Mehad basé à Aden.»
« Selon nos partenaires locaux et les responsables de l’hôpital de Lawdar, la situation est particulièrement alarmante : même les populations n’osent plus se rendre dans les structures de santé. L’insécurité sur les routes dissuade les familles de chercher des soins pourtant vitaux.»
Se tenir prêts, malgré les contraintes
Malgré ces contraintes, Mehad reste mobilisée. Nos équipes se tiennent prêtes à accueillir d’éventuels blessés et à renforcer leur réponse humanitaire dès que les conditions de sécurité le permettront.
Dans un pays déjà ravagé par des années de conflit, toute nouvelle flambée de violence fragilise davantage un système de santé exsangue et des populations qui manquent de tout. Mehad continue d’alerter sur les conséquences humanitaires de cette instabilité et réaffirme son engagement aux côtés des civils yéménites, aujourd’hui plus que jamais dans le besoin.

