Nord-Est de la Syrie : Mehad maintient ses actions de santé vitales malgré l’insécurité

20 janvier 2026

En ce mois de janvier, le Nord-Est de la Syrie a été frappé par de violents affrontements entre les forces gouvernementales et les Forces démocratiques syriennes (FDS), d’abord à Alep, puis dans les régions de Deir-ez-Zor, Raqqa, Tabqa, Hassakeh et Al-Hol et, toujours à l’heure actuelle à Kobané. Cette dégradation du contexte sécuritaire affecte fortement les conditions de vie des populations et complique l’accès aux soins.

Face à cette situation, l’ONG médicale Mehad a adapté ses activités afin de garantir la continuité des soins essentiels. Après une interruption de certains services, l’ensemble des structures de Mehad à Raqqa et à Deir ez-Zor ré-accueillent de nouveau des patients et assurent leurs services comme à l’accoutumée, bien qu’une baisse du nombre de bénéficiaires soit constatée à l’Hôpital national de Raqqa en raison des contraintes de déplacement.

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Assurer les soins vitaux, en toutes circonstances

Si certains services ont été temporairement ajustés, les soins vitaux restent une priorité. À l’Hôpital national de Raqqa, la banque du sang est demeurée pleinement opérationnelle afin de répondre à un besoin accru de transfusions pour la prise en charge des blessés liés aux affrontements. Dans le Nord-Est syrien, la maternité d’Al-Hol, gérée par Mehad dans la province de Hassakeh, est dorénavant la seule activité suspendue, en raison des déplacements des affrontements ; elle continue toutefois d’assurer la prise en charge des accouchements d’urgence.

Outre les perturbations opérationnelles, Mehad a également subi des impacts directs liés au contexte sécuritaire. L’un des salariés de l’ONG a été victime d’une agression à son domicile, au cours de laquelle du matériel professionnel a été dérobé. Par ailleurs, un centre de formation de Mehad a été pillé lors des affrontements.

Dorénavant intégralement placés en zones sous contrôle gouvernemental, les infrastructures de santé gérées par Mehad ont désormais repris leur fonctionnement habituel, et l’ONG prépare un plan de réponse face aux nouveaux besoins ayant émergé ces dernières semaines.

De nouveaux déplacés sans abri ni nourriture

Ce regain de tensions a en effet entraîné de nouveaux déplacements massifs de population. Suite aux importants mouvements de population depuis Alep notamment vers Afrin survenus mi-janvier, des déplacements de population ont dorénavant lieu depuis Ar-Raqqa, Tabqa et Thawra vers les gouvernorats d’Al-Hasakeh et de Qamishli. Les familles nouvellement déplacées – environ 10 400 personnes selon les derniers chiffres – arrivent dans des conditions hivernales particulièrement difficiles et font face à de graves pénuries d’abris, de nourriture et de carburant pour le chauffage.

En réponse à ces nouveaux besoins, les cliniques mobiles de Mehad sont déjà déployées et pleinement opérationnelles auprès des populations déplacées dans le nord de la Syrie. Une clinique mobile intervient actuellement dans les zones rurales d’Alep, notamment à Midaneki et Afrin. L’équipe, composée de six professionnels de santé, a assure plus de 100 consultations quotidiennes, principalement en soins de santé primaires, suivi des maladies chroniques et prise en charge de cas urgents.

Pour faire face à l’urgence, Mehad prévoit également de nouvelles actions dans la zone nord-est, afin de répondre aux nouveaux besoins ayant émergé ces dernières semaines.

Malgré un contexte sécuritaire instable, Mehad reste pleinement mobilisée aux côtés des populations pour assurer l’accès aux soins essentiels et adapter sa réponse humanitaire à l’évolution des besoins sur le terrain.

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