Deux ans après la fin de la guerre, l’accès aux soins reste une véritable difficulté pour des millions de Syriens. C’est pour évaluer ces besoins que le Dr Mehdi El Melali s’est rendu sur place pour Mehad.
Deux ans après la chute du régime, la Syrie n’est plus sur le devant de la scène médiatique. Pourtant, le pays demeure confronté à une crise humanitaire profonde. Près de 16 millions de personnes ont aujourd’hui besoin d’une aide humanitaire, et plus de la moitié d’entre elles dépendent directement d’une assistance pour continuer à se soigner.
Ce sont également 43 % des hôpitaux et 70 % des centres de santé primaire qui sont à l’arrêt ou ne fonctionnent que partiellement, faute de personnel, de matériel, de médicaments ou même d’électricité et d’eau courante. Derrière ces chiffres, une réalité très concrète : se soigner reste difficile, voire impossible, pour des millions de Syriens.
Se soigner, un fardeau financier avant tout
Se soigner reste, pour beaucoup de Syriens, un fardeau financier : alors que 9 Syriens sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté, 91 % des ménages en 2025 déclarent devoir payer pour accéder à des soins, une proportion qui grimpe à 95 % chez les familles tout juste rentrées dans leurs régions d’origine. Coût des médicaments, frais de transport, délais d’attente, autant d’obstacles qui poussent des familles entières à renoncer aux soins ou à s’endetter pour y accéder.
À cela s’ajoutent une pénurie chronique de personnel soignant et une trentaine d’attaques contre des structures de santé recensées en 2025. C’est dans ce contexte lourd, que le Dr Mehdi El Melali mène actuellement une nouvelle mission d’évaluation des besoins en Syrie pour Mehad.

Aller sur le terrain pour comprendre les besoins
De Damas à d’autres régions du pays, cette mission d’évaluation doit permettre d’aller à la rencontre de celles et ceux qui font vivre, au quotidien, le système de santé grandement fragilisé en Syrie. Visites d’hôpitaux, échanges avec le personnel soignant, rencontres avec les autres organisations, avec pour objectif de mesurer précisément où se situent les besoins qui restent insuffisamment couverts, et les réponses que Mehad peut y apporter.
Ces échanges sont aussi l’occasion d’identifier de nouvelles opportunités de collaborations avec des acteurs de santé locaux et d’autres ONG collaborations. Face à l’ampleur de ces besoins, reconstruire durablement l’accès aux soins ne pourra se faire qu’en mutualisant les moyens entre acteurs présents sur le terrain.
Un engagement qui se poursuit
La Syrie est à l’origine de l’histoire de Mehad. Depuis 2011, nos équipes y ont accompagné des structures de santé, formé des soignants et permis à des milliers de patients de continuer à recevoir des soins malgré la guerre.
Aujourd’hui, le contexte a changé, mais l’ampleur des besoins reste immense. Cette mission doit ainsi nous permettre de préparer la suite : soutenir les professionnels de santé syriens et continuer d’être là où les besoins sont les plus urgents.
Parce que la fin de la guerre ne signifie pas la disparition de ses conséquences.
